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Observations cliniques de la presse et d'ailleurs


Infection de la symphise pubienne ( sp ) ou des sacro-iliaques ( si ) chez de jeunes sportifs.

Cas I: sportif de 24 ans, en bonne santé: depuis 3 jours, fièvre, frissons, impression de faiblesse dans les jambes, douleurs aux aines, aux fesses. Un mois auparavant, extraction dentaire simple.

Ex: t° à 38.6, force musculaire des fléchisseurs des hanches diminuée à 3/5. Ex neuro.: Sp.
CRP: 142 mg/l, créatine-kinase normale, Rx rachis lombaire: Sp.

Pensant à une myelite transverse, on prévoit une IRM et des hémocultures.

Doit s'aliter 2 jours plus tard, fiévreux. Un nouvel examen montre l'absence de vraie parésie mais une diminution de la mobilité liée à une sp douloureuse. Hémoculuture + au staphylo.doré. Par ailleurs hyperfixation d'isotopes sur la sp.

On pose le diagnostic d'ostéomyélite de la sp.

Mis sous flucloxacilline et rifampicine IV. Guérison au bout de 6 semaines. Peut reprendre le sport.

Cas II: jeune sportif de 20 ans, entre aux Urgences pour lombalgies basses. Biologie ( urée, FN, électrolytes: Sp ). CRP: 5 mg/l. Rentre chez lui avec un antalgique.

2 jours plus tard, aggravation des douleurs, irradiant aux aines. Fièvre, sudations, dysurie.

Ex: abdomen souple mais fosse lombaire G douloureuse.

Dipstick: protéines +++, nitrates +, bilirubine +++.
CRP: 248 mg/l
Fonctions rénales normales.
Fonctions hépatiques perturbées:
- bilirubine 45 µmol/l
- phophatase alcaline: 168 U/l
- ALAT: 91 U/l
- gamma-GT: 168 U/l
Traité pour pyélonéphrite.

24 heures plus tard, ne peut soulever sa jambe qu'à 70°. Mais pas de signes neurologiques.

Hémocuture: + pour staphylo.doré.

Une IRM est prévue pour éliminer une discite ou une ostéomyélite. Mais la douleur se localise à la sacro-iliaque G. Il y a hyperfixation d'isotopes dans cette articulation

Mis sous flucloxacilline et rifampicine IV.

Rentre chez lui après 14 jours d'ABT IV. Un mois plus tard, CRP à 3 mg/l. Normalisation des fonctions hépatiques.

Continue chez lui la même ABT per os pendant 1 mois de plus. Ne peut reprendre le sport qu'au terme de 6 mois.

Commentaire: Ces 2 cas illustrent la diversité des manifestations cliniques et la nécessité de repéter l'examen des patients.

L'ostéomyélite pubienne est rare, polymorphe dans ses manifestations. Ne doit pas être prise pour une ostéite, simple inflammation, plus fréquente, particulièrement chez l'adulte soumis à des tensions pubiennnes répétées au cours d'un entrainement sportif. D'où inflammation, sclérose, modifications osseuses montrées par l'IRM.

L'ostéomyélite infectieuse, est beaucoup plus rare. Les germes le plus souvent en cause sont le staphylo.doré, escherichia coli, pseudomonas aeruginosa. Le diagnostic est confirmé par les biopsies et les hémocultures sur prélèvements in situ, la clinique ( douleurs des hanches lors des mouvements, douleurs localisées, fièvre ).

L'ABT doit être prolongée ( IV puis per os, pendant au moins 6 semaines ).

Une ostéite peut prédisposer à l'infection.

Dans une étude sur 18 cas, le diagnostic a été tardif ( 13 jours en moyenne ). Le pronositc est généralement bon, malgré la possibilité de complications: abcès, septicémies, métastases infectieuses.

Le 2ème cas s'est manifesté par des perturbations hépatiques. Un cas semblable, avec ictère, avait été publié en 2006.
Les signes de localisation et les manifestations hépatiques guérissent sous ABT.

Les sportifs exposés dans leur entrainement à des changements soudains de vitesse ou de direction sont prédisposés aux infections des articulations cartilagineuses, non synoviales.


Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: BMJ du 13/02/10

Source : http://www.bmj.com

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Dernière mise à jour le 01/03/10