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Bases de données médicamenteuses


Gestion des contre-indications par BCB et TVS : Comparatif

par le Dr Y. Adenis-Lamarre


 

NDLR: Abréviations utilisées dans l'article

AFSSAPS : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ex Agence du médicament
BCB : Banque Claude Bernard
TVS : Thésaurus-Vidal-Semp
IAM : interactions médicamentateuses
PE : précautions d'emploi
CI : contre-indication
RCP : résumé des caractéristiques du produit

 

L'intérêt d'une base de données médicamenteuses électronique est non seulement de faire gagner du temps à l'utilisateur, mais aussi de diminuer le nombre d'erreurs de prescription générant une iatrogénicité qui nous est reprochée.

Reprenons dans l'ordre les intervenants successifs.
D'un coté, l'industrie pharmaceutique; l'AFSSaPS; les éditeurs de base de données; les éditeurs de logiciels médicaux.
De l'autre, les professionnels de santé.
Entre les deux, les RCP.
Le RCP est élaboré pour une utilisation "papier" par le couple IP/AFSSaPS, puis transformé pour une utilisation "électronique" par les éditeurs de bases de données médicamenteuses, ces derniers chargeant les éditeurs de logiciels médicaux d'interfacer la base ainsi obtenue avec le logiciel médical pour restituer l'information légale de façon fiable, sans dénaturation, et ergonomique aux professionnels de santé.

Il est bien évident qu'une défaillance à quelque niveau de la chaîne d'élaboration ou de transformation du RCP va entraîner des désagréments plus ou moins importants d'utilisation, voire être cause d'erreurs de prescription par une mauvaise programmation du système d'alerte.

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, si certains maillons de la chaîne sont soumis à charte de qualité, il serait de bon aloi que cette obligation soit soumise à tous, ce qui nécessite de définir les responsabilités de chacun au niveau du trajet du RCP. Comme il a déjà été dit, au niveau du RCP, certaines informations sont de la responsabilité du fabricant, par exemple les posologies proposées, les effets secondaires répertoriés, d'autres sont imposées par l'AFSSaPS, donc de sa responsabilité, tel que par exemple les effets de classes, les interactions médicamenteuses, les contre-indications et les précautions d'emploi.

Ainsi, l'impossibilité d'analyser réellement de façon informatique une ordonnance sous l'angle des effets secondaires, comme l'a fort bien exposé J.J. FRASLIN sur le forum FULMEDICO est de la responsabilité de l'industrie pharmaceutique.

Ainsi, ne pas trouver sur le RCP du BICNU (DCI = carmustine) de rubrique IAM, et être obligé d'aller lire le RCP de la CERUBIDINE (DCI = daunorubicine) pour trouver l'information "association contre-indiquée phénytoïne à visée prophylactique, décrit pour ...daunorubicine, carmustine.....; trouver sur le RCP du DAUNOXOME (DCI = daunorubicine) à la rubrique IAM uniquement " aucune étude formelle d'interaction médicamenteuse n'a été conduite", est de la responsabilité de l'AFSSaPS.

Ainsi, le fait de ne pas signaler de façon automatique les précautions d'emploi lors de l'utilisation du BI-PROFENID lorsque le patient prend déjà comme traitement du RETROVIR, alors qu'il s'agit d'une recommandation pour tous les AINS, du GTIAM de l'AFSSaPS, est de la responsabilité de l'éditeur de base de données médicamenteuses.

Ainsi le fait de pouvoir mettre en contre-indication l'item "enfant de moins de 10 ans" ce qui provoque une alerte en cas de prescription de CATALGINE 250, et non avec la prescription de CATALGINE 1000 est de la responsabilité de l'éditeur de logiciel médical.

Certes, le medecin a la possibilité de consulter la monographie intégrale sur son écran d'ordinateur pour avoir une meilleure information, mais payer pour cela un abonnement de l'ordre de 1000 FR par an alors qu'on peut faire la même chose en consultant une monographie "papier" ne correspond pas à ce que le terme de "base de données médicamenteuses informatisée" signifie.

Par ailleurs, le rôle de l'AFSSaPS qui est principalement celui d'imposer certaines informations et de contrôler la validité des autres, ne s'arrête pas à celui du contrôle des RCP "papiers"; il est aussi de son devoir de contrôler la qualité de l'oeuvre fabriquée par les éditeurs de base de données médicamenteuses, et de contrôler la restitution valide des informations par les logiciels médicaux proposés sur le marché. Si l'industrie pharmaceutique est responsable de la rédaction des RCP, c'est après avoir été contrôlé et avoir inclus les informations obligatoires imposées par l'AFSSaPS. Cependant, puisque l'AFSSaPS est désignée en dernier ressort comme agent de contrôle, toute erreur de nature médicale constatée au moment de la rédaction d'une ordonnance est de la responsabilité de l'AFSSaPS, tout défaut d'ergonomie de la responsabilité de l'éditeur de base ou de logiciel selon la répartion des taches qu'ils ont acceptées de se partager.

Venons-en à la manière de gérer les contre-indications qui sont des informations qui doivent être imposées par l'AFSSaPS.

Classification

Les contre-indications peuvent concerner les DCI ou les excipients à effets notoires.

Les contre-indications peuvent être absolues, ou relatives, ce qui rejoint la notion de précaution d'emploi.

Les contre-indications sont soit

=> vraies, documentées, du fait

==> d'un état physiologique ( âge, poids, sexe, grossesse, allaitement, autres c'est à dire limité dans le temps et relatif à une situation spécialisée tel l'accouchement, une intervention chirurgicale, en milieu de réanimation etc..)

==> d'une allergie, ou une intolérance

==> d'une pathologie

==> d'une interaction médicamenteuse

==> de la dose par unité de prise

soit

=> de principe, par principe de précaution

==> par effet de classe

==> lié à une forme pharmaceutique non adaptée

==> chez la femme susceptible d'être enceinte, enceinte ou allaitante,

==> chez l'enfant, en l'absence d'études.

==> on pourrait rajouter "CI sans avis spécialisé" à destination des généralistes.

Il faut ajouter aussi les contre-indications liées à la conjonction d'une pathologie, d'un état physiologique, et/ou d'une interaction médicamenteuse. Un exemple en est la crème EMLA qui est contre-indiquée en cas de déficit en G6PD, chez le nouveau-né de 0 à 3 mois, chez les enfants de 0 à 1 an traités par paracétamol, métoclopramide ou sulfamide.

Sur le papier

Les contre-indications se retrouvent éparpillées au niveau des rubriques

= posologie

= contre-indications

= précautions d'emploi

= interactions médicamenteuses

= grossesse et allaitement.

Les précautions d'emploi sur le RCP sont souvent un fourre-tout ou l'on retrouve en fait de vraies contre-indications de type "pathologie" (ex BITILDIEM et les CI que sont certaines affections métaboliques), des CI en rapport avec les posologies requises dans certaines affections (insuffisance rénale) ou états physiologiques et qui devraient être indiquées à la rubrique "posologie", des informations à l'attention du patient et qui devraient être imprimées en même temps que la posologie.

Sur le plan informatique

Une base de données médicamenteuses est un outil au service des professionnels de santé prescripteurs, il ne faudrait pas perdre de vue cette évidence. Aussi, il serait bien que le résultat obtenu lors de leur utilisation soit en accord avec les besoins de ces professionnels, autrement dit, les concepteurs des base de données et de logiciels doivent se plier aux demandes fonctionnelles et ergonomiques des utilisateurs, alors que actuellement, pour obtenir un résultat relativement satisfaisant, il faut que ce soit l'utilisateur qui se plie aux possibilités de sa base de données.

Actuellement, les contre-indications listées au niveau des rubriques "contre-indications" des RCP sont soumises au processus d'informatisation avec génération d'alertes, et encore pas toujours.
L'exemple type est le VIRACEPT, pour lequel est mentionné sur le RCP "papier" au niveau de la rubrique contre-indications "viracept ne doit pas être administré conjointement avec des médicaments à marge thérapeutique étroite et qui sont métabolisés par le CYP3A4...et créer un risque d'effets indésirables graves voire mortels, tels qu'une arythmie mortelle....."; vu la complexité de la contre-indication de type IAM, elle est carrément envoyée aux oubliettes de la version informatisée.

Celles qui sont inscrites à la rubrique "précautions d'emploi" et qui sont des contre-indications absolue ou relatives, ne sont pas toujours prises en compte, de même que la plupart du temps celles qui sont liées à la forme pharmaceutique.

Du coté utilisateur, en tenant compte de la mauvaise structuration actuelle des dossiers médicaux informatisés, on peut distinguer deux types de données à fournir à la base de données médicamenteuses pour obtenir les alertes et les informations pertinentes

==> les données que la base de données devrait trouver elle-même dans le dossier médical sans que le médecin ait à intervenir spécifiquement les données relatives à l'état physiologique du patient âge, poids, sexe, âge de la grossesse en SA, allaitement.

==> les données que le médecin doit proposer à la base de données médicamenteuses, faute de mieux actuellement

=> allergie avec index allant de probable à certain, et index de gravité de la réaction présentée.

=> pathologie soit en tant qu'antécédent,

soit en tant qu'épisode actuellement évolutif; la base devant proposer après cette indication un choix plus pertinent si besoin était.

=> certaines constantes biologiques, telle la clearance de la créatinine, mais qui devrait être demandés spontanément par la base en rapport avec un état pathologique inscrit.

On peut remarquer que si la structure du dossier médical (pour les médecins généralistes) était sur le mode POMR (Problem Oriented Medical Record), la liste des problèmes constamment réactualisée pourrait servir à alimenter ces données essentielles à l'utilisation efficace des bases de données médicamenteuses.

La prise en compte de ces données, et seulement celles-là sont de la responsabilité du médecin pour la prise en compte des contre-indications; encore faut-il que son logiciel médical soit capable de fournir ces données.

En lisant les rubriques "contre-indications" et "précautions d'emploi" des monographies, Il existe en effet d'autres données que le médecin pourrait proposer à la vigilance de sa base de données médicamenteuses, mais en réalité, c'est au logiciel lui même de faire ce travail. En effet, si on prend le FOSAMAX comme exemple, et qui présente comme contre-indication "incapacité de se mettre en position verticale ou de se tenir assis en position verticale pendant au moins trente minutes", contre indication transformée et réduite en contre-indication absolue par le TVS en "prise en position couchée", on se rend compte que le médecin, pour utiliser efficacement sa base de données, doit d'abord aller lire la monographie, pour ensuite trouver le bon item à mettre dans le dossier patient, afin qu'ensuite il puisse être prévenu à chaque prescription par une alerte. Le bon sens voudrait que ce type de contre-indication soit géré comme une interaction médicamenteuse, c'est à dire que le logiciel préviennent automatiquement le prescripteur au moment de la prescription, le mieux étant de la signaler au moment du choix de la posologie accompagnée du mode de prise et, dans le cas présent, notée sur l'ordonnance à destination du patient. Cette façon de faire oblige en réalité à réécrire un nouveau RCP à usage informatique qui lui-même n'est plus contrôlé à l'heure actuelle par l'AFSSaPS.

Comparatif des principales fonctions proposées

( avec TVS autonome, TVS associé à Hellodoc, BCB autonome)

Voyons avec quelques exemples comment sont gérés actuellement les contre-indications et les erreurs que l'on peut rencontrer sur les RCP.

âge, poids

Avec TVS au niveau du thésaurus des contre-indications, il faut chercher un item du type "enfant de moins de 6 ans" et le mettre au niveau du module contre-indication du logiciel hellodoc. Pour mettre l'item "prématuré", il faut même cliquer sur 22 arborescences!

Avec BCB il faut renseigner l'âge, le poids, le sexe au niveau de la page "état physiologique".

Conséquences La RMC du TVS, avec l'item "enfant de moins de 6 ans" ne permet de retrouver que les médicaments qui ont en CI, de façon explicite "enfant de moins de 6 ans". Si sur le RCP est mentionné "enfant de moins de 3 ans", le médicament n'est pas retrouvé dans la liste. Par contre, une fois intégré dans un logiciel comme hellodoc, "enfant de moins de 6 ans" provoque une alerte même si le médicament n'est contre-indiqué que chez l'enfant de moins de 3 ans. Chre BCB, il est pris en compte l'âge ou le poids actuel du patient.

Avec TVS. Au moment de la prescription, quand l'âge est renseigné, le médecin pourrait s'attendre à une alerte systématique en cas d'erreur de prescription; et bien non, car bien souvent la contre-indication n'est pas indiquée au niveau de la rubrique "contre-indication" mais au niveau de la rubrique "posologie". Par exemple, BALSOFUMINE Simple est réservé à l'adulte et à l'enfant de plus de 12 ans par risque de surdosage du fait de la forme. BAUME AROMA est réservé à l'adulte et à l'enfant de plus de 7 ans, pour les mêmes raisons. Mais si l'enfant a 6 ans, par exemple, il n'y aura pas d'alerte au moment de la prescription, dans les deux cas, avec comme item de CI "enfant de moins de 6 ans" avec TVS intégré à un logiciel tel Hellodoc.(le même résultat est obtenu en utilisant le RMC du TVS)

Avec BCB, il existe une alerte de type "précaution d'emploi" qui rappelle l'âge autorisé.

Avec TVS. Si dans le logiciel médical on met en CI l'item "enfant de moins de 10 ans", la prescription de CATALGINE 250 provoque une alerte de contre indication relative de couleur jaune. Motif pour le nourrisson de moins de 30 mois. Donc fausse alerte. Mais si le médecin veut savoir de quoi il en retourne, alors il faut ouvrir 7 arborescences pour arriver à une alerte rouge "nourrisson de moins de 30 mois", mais sans en savoir plus.

Avec BCB. Comme on met l'âge réel, il n'y a pas cet inconvénient. Si on met l'âge de 20 mois, on obtient à la prescription de CATALGINE 250 une alerte de CI absolue pour les enfants de moins de 30 mois. Par contre, rien de tel pour l'ASPEGIC 250 pour lequel cette CI n'existe pas.

Grossesse

Chez TVS. Il faut aller chercher dans le thésaurus de CI un item du genre "grossesse de moins de 36 semaines", " fin de la grossesse", et on se retrouve avec les mêmes problèmes qu'avec l'âge ou le poids.

Chez BCB. A la page "état physiologique", il suffit de mettre la date des dernières régles pour que la base de données puisse utiliser l'âge exact du jour.

Au niveau des RCP, on peut distinguer plusieurs classifications

== soit il existe un risque malformatif ou abortif réel chez l'humain, documenté. Cela devrait imposer en cas de contre-indication absolue au cours du premier trimestre, la contre-indication "femme en période d'activité génitale en l'absence de contraception efficace".

== soit il existe un risque malformatif ou abortif chez l'animal, mais non documenté chez l'homme

== soit il n'existe pas de risque malformatif ou abortif chez l'animal, mais pas de documentation chez l'homme non plus.

== la non indication.

== soit la contre-indication est absolue

== soit, on ne sait pas par absence d'étude et

=== la CI est absolue sauf contre-indication impérative

=== soit la CI est relative.(il y a assez de recul pour dire qu'il n'y a pas de CI, mais il n'y a pas d'étude)

== le passage dans le sperme peut faire contre-indiquer un médicament

=== chez l'homme en l'absence de contraception efficace du couple

 

TAHOR

Sur le RCP, "femme en période d'activité génitale en l'absence de contraception efficace" est une CI absolue; "femme enceinte" est une CI relative au niveau de la rubrique "contre-indication", mais une "non indication" au niveau de la rubrique "grossesse".

Avec TVS. La RMC confirme la non contre-indication en cas de grossesse.

Avec TVS + Hellodoc ,TAHOR est contre-indiqué de façon formelle dans les deux cas.

Avec BCB. Grossesse est une contre-indication à la prescription du TAHOR; le seul fait d'être une femme ne provoque pas d'alerte du type "femme en âge de procréer". Si on met en CI "femme en période d'activité génitale", il n'y a pas d'alerte non plus.

ROACCUTANE

Sur le RCP est indiqué en CI "femme enceinte ou susceptible de procréer en l'absence de moyen efficace de contraception"

Avec TVS on retrouve effectivement ces deux cas.

Avec TVS + Hellodoc, ROACCUTANE est contre-indiqué de façon formelle dans les deux cas.

Avec BCB. Grossesse est une CI absolue; il existe aussi en alerte les RMO qui préviennent de la surveillance obligatoire. Hors grossesse, le seul fait d'être une femme entraine une alerte automatique "femme en âge de procréer".

Ces deux exemples permettent de montrer que l'alerte provoquée pour une contre-indication douteuse et une vraie contre-indication est la même, ce qui est fort peu satisfaisant. En plus, il existe une obligation de surveillance avant prescription du ROACCUTANE qui n'est pas signalée automatiquement si on ne va pas lire la monographie ou la RMO.

PROPECIA

Sur le RCP, est indiqué en contre-indication "femme, cf grossesse et allaitement"; à ce niveau est indiqué "propecia est contre-indiqué chez la femme en raison de risque pendant la grossesse".

Avec TVS + hellodoc, les items "grossesse" et "femme en période d'activité génitale en l'absence de contraception efficace" provoquent une alerte. Mais pas l'item "femme".

Avec BCB. Le simple fait d'être une femme provoque une contre-indication de prescription automatiquement.

En réalité, PROPECIA est un médicament pour lequel il n'existe aucune indication chez la femme, qu'elle soit prépubère ou ménopausée. Le seul fait de le prescrire à une femme devrait suffire pour provoquer une alerte.

Pathologies, allergies, intolérances

Chez TVS. Il existe un thésaurus de contre-indications, autrefois visualisable sur le MEDIAVIDAL, mais supprimé chez son successeur (le TVS). Ce thésaurus regroupe toutes les contre-indications répertoriées sur les RCP. Visualisable et utilisé par les logiciels tel Hellodoc, la recherche d'un item n'est pas très ergonomique; en effet, les listes sont classées par "classes pathologiques" avant d'avoir accès aux items. De plus, il n'existe aucun ordre alphabétique. Par exemple, on a dans l'ordre "urologie", "hématologie", "ORL", etc.. "allaitement" se trouve après "traitement médicamenteux vaginal en cours".

Chez BCB. La liste proposée n'est pas celle des contre-indications proposées par les RCP, mais comporte les items de la CIM 10, des AMM de la CISP; mais aussi les ATCD personnels et familiaux. Il suffit de taper le début du mot pour avoir la liste des items pouvant convenir, mais il y en a beaucoup trop, le résultat obtenu n'étant pas forcément le même en fonction de l'item choisi. Par ailleurs, au niveau des arborescences de la CISP, la recherche par cette méthode n'est pas facile du fait de l'ordre non alphabétique des items.

Chez TVS on retrouve dans la liste de items proposés à la contre-indication, des items qu'aucun médecin ne mettrait en CI pour provoquer une alerte en cas de besoin. On a déjà vu comment la "prise en position couchée" du TVS était gérée par BCB. Mais tout n'est pas géré de la même façon.

"immobilisation prolongée" du TVS qui est valable pour les différentes présentations du calcium BCB n'en fait pas mention, même dans sa monographie.

"douleur abdominale non diagnostiquée", qui est valable par exemple pour DUPHALAC; BCB reprend lui le texte exact du RCP "syndrome douloureux abdominal de cause indéterminé". Il vaudrait mieux que le logiciel propose systématiquement cet item au niveau de l'alerte de précaution d'emploi. Personne n'ira mettre cet item dans le dossier patient.

"lésions des noyaux gris" qui provoque une alerte chez TVS pour HALDOL et non pour ORAP pour lequel il faut mettre "syndrome extrapyramidal"; l'inverse est vrai aussi, il faut donc mettre les deux items pour ne pas avoir d'erreur. BCB transforme en "maladie de parkinson" dans les deux cas.

"patient porteur d'un catheter veineux central" du TVS est transformé cher BCB en "porteur d'un cathéter veineux central". Il faut vouloir absolument le vouloir pour trouver le bon item, d'autant plus qu'il n'est valable que pour un seul produit ULTRALEVURE.

Sur le RCP du DIASTABOL, on peut lire en CI "patients souffrant de troubles intestinaux chroniques associés à des troubles importants de la digestion ou de l'absorption, ou patients dont l'état peut être aggravé par l'augmentation de la formation des gaz intestinaux (exemple hernie intestinale majeure)"; qui irait mettre ça dans un dossier patient? et bien, BCB propose la première partie "troubles intestinaux chroniques associés à des troubles( supposés importants) de la digestion ou de l'absorption", et TVS la seconde "patients dont l'état peut être aggravé par l'augmentation de la formation des gaz intestinaux". Bien sûr, "hernie intestinale" n'est pas proposée.

Certains items ne corespondent plus à rien par exemple "examen radiologique du tube digestif chez le diabétique". Mais pourtant, les listes sont mises à jour, puisque l'item "patient hystérique" a disparu et a été remplacé par "sujet normal". Mais il ne correspond à aucun produit.

Précautions d'emploi

Chez TVS. Les précautions d'emploi ne sont pas informatisées, sauf celles qui sont de vraies contre-indications mises dans cette rubrique par erreur (exemple BITILDIEM et les vraies CI mises en PE intolérance au fructose, syndrome de malabsorption du glucose et du galactose, déficit en sucrase-isomaltase).

Chez BCB. Les vraies contre-indications ont également intégré la bonne rubrique. Mais aussi les contre-indications relatives avec des modifications de posologies (en cas d'insuffisance rénale par exemple) qui sont intégrées aussi au module de posologies, avec les contre-indications liées à l'horaire ou au mode de prise qui sont intégrées au module de prescription avec inscription sur l'ordonnance; les contre-indications liées à la forme pharmaceutique sont signalées par une alerte de précaution d'emploi (par exemple, CATALGINE 1000 provoque une précaution d'emploi chez le nourrisson et non une contre-indication, car la contre-indication n'est pas spécifiquement mise sur le RCP)

Avec TVS. Quand un médecin met en contre-indication "insuffisance rénale", si BEFIZAL 400 provoque une alerte de CI absolue, il aimerait être prévenu aussi qu'il doit être prudent avec le BEFIZAL 200, puisque ce dosage nécessite une réduction de posologie en rapport avec cette insuffisance rénale. Il n'en est rien et aucune alerte ne prévient le médecin, aussi bien avec la RMC qu'avec TVS en association avec un logiciel tel Hellodoc.

Avec BCB. Aucune alerte ne prévient ni en CI ni en précaution d'emploi, mais au moment du choix de la posologie, il est proposé différentes posologies en relation avec des clearances de la créatinine de plus en plus basses, reprenant les recommandations du RCP.

ALFATIL. Sur le RCP de la forme 250 est indiqué au niveau PE et de la posologie les réductions à effectuer en rapport avec une insuffisance rénale . Sur le RCP des formes 375 et 500 LP, rien.

Avec TVS. L'item "insuffisance rénale" ne provoque aucune alerte.

Avec BCB. L'item "Insuffisance rénale" du thésaurus CIM 10 (puisque le thésaurus de la CISP ne le contient pas) provoque une alerte de PE et une proposition de posologie adéquate avec le dosage 250, mais rien avec le dosage 500, en accord avec les RCP.

ZYPREXA. Sur le RCP, en précaution d'emploi est indiqué "antécédents de convulsions".

Avec TVS + hellodoc aucune alerte n'est prévue.

Avec BCB une alerte de PE s'allume avec le motif. de même que pour la précaution d'emploi "alcoolisme"

En cas de prescription d'un produit injectable par voie IM chez un patient qui reçoit des anticoagulants, aucune des deux bases ne provoque d'alerte.

Excipients à effet notoire

Chez TVS associé à hellodoc. Les excipients à effet notoire peuvent être mis en contre-indication. Mais au moment de la substitution avec un générique, il n'est fait aucune référence au moment de la substitution de la différence d'excipients présents.

Chez BCB. Les excipients à effet notoire peuvent aussi être également mis en contre-indication. Mais au moment de la substitution, il est fait mention de la différence d'excipients à effet notoire des différents candidats à la substitution.

Sur le site de l'AFSSaPS, on peut lire " alcool benzylique contre-indiqué chez les enfants de moins de 3 ans; pas de dose seuil par voie parentérale". Sur la monographie de l'AMOXICILLINE GNR 500 IM, on constate qu'il existe 150mg d'alcool benzylique pour les 5 ml de solvant. Pourtant, ce médicament n'est pas contre-indiqué chez le nourrisson, il est simplement recommandé, chez le nourrisson de moins de 3 mois de ne pas dépasser la dose de 30mg/kg/j. Pourtant, des génériques contenant le même excipient respectent les recommandations de l'AFSSaPS AGRAM, BACTOX par exemple en indiquant en contre-indication absolue "en raison de la présence d'alcool benzylique, l'ampoule de solvant ne doit pas être utilisée chez l'enfant de moins de 3 ans".

Avec TVS. La RMC ou l'association TVS + Hellodoc ne provoque aucune alerte; il faut lire la monographie du BACTOX pour ne pas faire d'erreur en prescrivant l'AMOXICILLINE GNR 500.

Avec BCB. Il n'existe pas d'alerte non plus, mais le zoom de la posologie au moment de la prescription permet d'avoir l'information valide délivrée par l'AFSSaPS dans les 3 cas, AGRAM, BACTOX, mais aussi AMOXICILLINE GNR 500, dont le RCP est corrigé par BCB.

Non superposition des mêmes CI pour une même DCI

Deux médicaments strictement identiques, donc substituables comme génériques n'ont pas obligatoirement les mêmes contre-indications!

Avec TVS. Si le médecin veut substituer BECONASE, son logiciel lui propose à l'alternance le BECLO-RHINO qui est donc strictement équivalent dans la composition et dans les indications. Mais dans les contre-indications, le premier est contre-indiqué en cas de tuberculose, le deuxième en cas d'herpès. Si donc le médecin renseigne en contre-indication "tuberculose", il peut prescrire le second, s'il met en contre-indication "herpès", il peut prescrire le premier. Quant au BECOTIDE qui contient la même DCI au même dosage par voie buccale et non nasale, lui, n'est contre-indiqué ni en cas de tuberculose, ni en cas d'herpès buccal ou autre.

Avec BCB, avec en CI "tuberculose" de la CISP. La prescription de BECONASE provoque une alerte de type CI en rapport avec "tuberculose pulmonaire évolutive ou latente non traitée". Mais aussi une alerte de précaution d'emploi en rapport avec "tuberculose pulmonaire". La prescription de BECLO-RHINO provoque seulement une alerte de type "précaution d'emploi" en rapport avec "infection pulmonaire". La prescription de BECOTIDE provoque une alerte de PE "infection bronchique".

Avec BCB, avec en CI "herpès simplex" de la CISP, seul BECLO-RHINO provoque une alerte de CI en rapport avec "infection oro-bucco-nasale par herpès simplex".

Sur le RCP du DI-ANTALVIC, il est mentionné en contre-indication absolue la co-prescription de buprenorphine.Le générique DIALGIREX est moins regardant, car cette contre-indication n'existe pas sur son RCP. Cependant, comme cette IAM est répertoriée par le GTIAM de l'AFSSaPS, l'informatisation provoque une alerte de CI aussi bien chez TVS que chez BCB.

Conclusions

A l'heure actuelle, il existe deux types de banques de données médicamenteuses, celles proposées par Vidal (TVS, Vidal-CD gratuit), et celle proposée par RESIP (BCB). Il existe deux philosophies différentes. La première est de respecter à la lettre les RCP et de fournir une base informatisée "brute" aux éditeurs de logiciel pour qu'ils puissent à leur tour fournir les éléments pertinents au bon endroit et de façon ergonomique aux professionnels de santé. La deuxième est de corriger les RCP quand des erreurs sont répertoriées, de restructurer les RCP pour offrir aux professionnels de santé l'information valide au bon endroit, et de faire un moteur gérant les contre-indications et les précautions d'emploi de façon ergonomique; c'est ce nouvel ensemble qui est proposé aux éditeurs de logiciel à l'interfaçage avec leur logiciel médical.

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08/03/01