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Les abeilles
Après à peine 18 heures de réflexion (dont 10 de sommeil), je renonce à polémiquer sur le commerce du miel ;-D
Dans tous les métiers il y a des difficultés, des
spécificités, contraintes et frustrations.
Je ne vais donc pas m'appesantir sur les subtilités de l'apiculture (que je connais fort
bien), la dépendance de l'environnement (météo, végétation, pesticides, prédateurs,
voisinage ;-) ), le faible rapport rémunération/travail+risque, la quasi-impossibilité
d'exercer cette noble "culture" exclusivement, l'absence d'automatisation,
l'impossibilité de forcer les abeilles à changer de rythme de production et cætera...
J'ai eu l'envie irrépressible de vous parler des abeilles.
Il y a 150 000 000 d'années, les abeilles !
D'abord, solitaires, sans aucune organisation, sauvages... Avec leurs mandibules acérées, elles mâchouillaient des feuilles, des fleurs, puis leurs organes ont été capables de goûter au nectar des fleurs. Les femelles pondaient des ufs sous l'écorce des arbres. Le bas de l'abdomen se transforme dard, fossettes, sortes de corbeilles sur la 3è paire de pattes pour y entasser le pollen. Les essaims se forment petit à petit, sortes de HLM sphériques en cire avec la mère au milieu et toutes les abeilles autour qui la réchauffent et se réchauffent.
Sur les 20 000 espèces d'abeilles connues, de nos jours 85% sont solitaires. 17 000 espèces d'abeilles sont libres de toute contrainte sociale!
Les plus vieilles abeilles connues, Hylaens, famille des coleptidés, ressemblent à des guêpes. Les Solitaires mesurent entre 1.5 et 16 mm. Les Abeilles des orchidées ont une glande de Dufour avec des pinceaux applicateurs. On dénombre 9 familles de Solitaires la 9è, c'est les apidés; dont une seule est solitaire les Abeilles des orchidées. Les autres sont sociales l'abeille domestique, l'abeille sans dard, les bourdons.
Récapitulons en bas de l'échelle de l'évolution Prosopis. Ancêtre-fossile vivant de l'abeille primitive. Les Collettes sont plus évoluées. L'abeille domestique (apprivoisée) actuelle, c'est Apis Mellifera.
Dans les ruches (essaims), les tâches sont vite réparties. La
reine pond 2 000 000 d'oeufs/an (2 à 3000/jour) pendant 4 à 5 ans. 15 à 30 ouvrières
sont là pour sceller les cellules hexagonales qui réceptionnent les ufs, elles
mêmes construites par d'autres ouvrières. Quelques cellules plus grandes sont
fabriquées pour les mâles (en général en périphérie). Fait TRÈS important Ce n'est
pas le mère, mais les ouvrières qui décident du nombre de grandes cellules. Dans une
grande cellule, elle pond un mâle, c'est tout; et on ferme vite. Dans la partie la plus
chaude
- 10 000 cellules pour les ufs
- 15 - 16 000 pour les larves
- 40 000 pour les nymphes
Et les nourrices veillent à tout ça. Les larves deviennent des nymphes en 4 à 5 min,
puis des abeilles qui vont acquérir des compétences et exercer des fonctions évolutives
au cours de leur courte vie (qqs mois).
- d'abord, balayeuse elle nettoie la cellule (en battant des ailes pour se dégourdir).
- après nourricière, elle alimente les larves régurgite de sa propre nourriture
(pollens et miel), puis de la gelée royale (riche en vitamines et hormones). Les larves
reçoivent 1003 visites/jour!!!
- au 12è jour apparaissent des glandes cirières, elles posent les opercules de cire pour
fermer les rayons elles deviennent cireuses
- puis d'autres glandes (je fais court ;-D), elles deviennent butineuses et magasinières
la magasinière introduit sa langue dans la bouche de la butineuse et provoque une
régurgitation la trophallaxie. Par le marquage radioactif, on a pu s'apercevoir que le
miel faisait le tour de la ruche en ½ heure!
- les abeilles sont devenues de véritables usines chimiques elle utilisent des enzymes
diverses invertase qui transforme les sucres, oxydase qui produit du peroxyde d'hydrogène
(= H2O2 = eau oxygénée) qui aseptise et rend imputrescible le miel.
- la ventilation et climatisation de la ruche est assurée par les abeilles qui battent
des ailes (et en même temps s'entraînent à voler), tout en créant un flux qui
entraîne déchets et cadavres
-balayeuses-éboueuses
- en fin de carrière, elles deviennent gardiennes et défendent la ruche contre les
ennemis potentiels guêpes et autres abeilles étrangères.
Ça sera tout pour aujourd'hui.
Franchement, l'apiculteur, voleur intelligent du travail des abeilles, a intérêt à en savoir beaucoup plus s'il veut préserver cette structure d'une incroyable complexité qu'est la ruche...et à travailler comme une abeille et non comme un bourdon ;-).
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Dr Evguéni DIMITROV
07/04/00